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De la Saint-Martin à la Chandeleur

Les veillées d’hiver

En décembre, la nuit tombe avant cinq heures. Pas question de gaspiller le bois et la chandelle : on se rassemble chez un voisin, autour d’un même feu, pour travailler, manger, raconter et chanter jusqu’au couvre-feu.

Quand la nuit tombe

S’éclairer coûte cher

La lumière est un luxe. Plus elle est belle, plus elle coûte : on ne veille donc jamais seul, et l’on va se coucher tôt.

  • Le feu de l’âtre

    Il chauffe, cuit la soupe et éclaire toute la pièce. Pour économiser le bois, plusieurs familles se retrouvent autour du même foyer.

    Presque gratuit
  • La chandelle de suif

    Faite de graisse de mouton ou de bœuf, elle fume, coule et sent fort, mais elle ne coûte presque rien.

    Bon marché
  • La lampe à huile

    Une petite coupelle de terre cuite remplie d’huile de noix, de colza ou d’olive, avec une mèche de lin qui trempe dedans.

    Bon marché
  • Le cierge de cire

    Il brille clair et sent bon le miel, mais il coûte une fortune : on le réserve aux églises et aux maisons des seigneurs.

    Un luxe

Autour du feu

Les mains ne restent jamais vides

La veillée n’est pas un temps de repos : on y avance tous les petits travaux que la journée n’a pas laissé faire.

  • Filer la laine

    Quenouille sous le bras, fuseau qui tourne : les femmes filent sans relâche la laine et le lin qui deviendront des vêtements.

  • Teiller le chanvre

    On brise les tiges séchées pour en tirer les fibres qui feront les cordes, les sacs et la grosse toile.

  • Tresser des paniers

    Avec l’osier coupé à l’automne, les hommes tressent paniers, corbeilles, hottes et nasses à poissons.

  • Réparer les outils

    On remanche une houe, on recoud un harnais, on sculpte une cuillère de bois ou une paire de sabots.

  • Écaler les noix

    Les noix cassées une à une donneront l’huile des lampes et celle de la cuisine.

  • Raccommoder

    On reprise les chausses et l’on rapièce les cottes : un vêtement doit durer des années, et passer d’un enfant à l’autre.

Une histoire au coin du feu

Le conte de la veillée

Les plus anciens racontent, les enfants écoutent, les fileuses gardent les mains occupées. Allumez la chandelle et tendez l’oreille.

Il fait nuit noire…

Les histoires se racontent à la lueur d’une chandelle. Allumez-la pour écouter le conte de la fileuse et du loup.

Se distraire

Contes, chansons et jeux

  • Contes et légendes

    On frissonne avec les histoires de loups-garous et de fées, on rit des fabliaux, ces petits contes moqueurs, et l’on écoute les miracles des saints.

    • La fée Mélusine
    • Le loup-garou
    • La chasse fantastique
    • Les fabliaux
  • Chansons

    On chante des complaintes, des chansons d’amour et des « chansons de toile », que les femmes fredonnaient en cousant ou en filant.

    • Chansons de toile
    • Complaintes
    • Rondes et caroles
    • Chansons à boire
  • Jeux

    Les dés et le jeu de mérelles, ancêtre du jeu du moulin, se jouent partout. Les nobles préfèrent les échecs et les tables, ancêtre du trictrac.

    • Mérelles
    • Dés
    • Échecs
    • Devinettes

À vous de jouer

Devinettes de veillée

Les devinettes faisaient rire petits et grands. Cherchez la réponse avant de la dévoiler.

  • Devinette 1

    Plus elle est chaude, plus elle est fraîche. Qui est-elle ?

  • Devinette 2

    Je pleure quand on m’allume et je meurs en éclairant les autres. Qui suis-je ?

  • Devinette 3

    J’ai des dents mais je ne mords jamais. Qui suis-je ?

  • Devinette 4

    Je tourne sans jamais avancer, et la farine sort de mon ventre. Qui suis-je ?

  • Devinette 5

    Elle court toute la nuit sans jamais quitter son lit. Qui est-elle ?

  • Devinette 6

    Je file toute la journée et pourtant je ne m’en vais jamais. Qui suis-je ?

Le souper

Ce qu’on mange les soirs d’hiver

Le repas du soir est simple et chaud. On le prend tôt, à la lueur du feu, avant de veiller.

  • La soupe du soir

    Le souper tire son nom de la soupe : des tranches de pain trempées dans un bouillon de légumes, de pois ou de fèves.

  • Châtaignes et noix

    Grillées dans les braises, les châtaignes nourrissent les longues soirées, surtout dans les régions de montagne.

  • Le lard et les salaisons

    Le cochon tué en décembre fournit le lard qui parfume la soupe pendant tout l’hiver.

  • L’hypocras des riches

    Chez les seigneurs, on boit un vin sucré au miel et parfumé aux épices, la cannelle, le gingembre et la girofle.

  • La cervoise

    Cette bière d’orge, longtemps brassée sans houblon, se boit surtout dans le nord et à la campagne.

Pour égayer l’hiver

Les fêtes de la mauvaise saison

  1. 11 novembre

    La Saint-Martin

    Les travaux des champs s’achèvent : la saison des veillées commence.

  2. 6 décembre

    La Saint-Nicolas

    On fête le protecteur des enfants et des écoliers.

  3. 25 décembre

    Noël

    La messe de minuit et le grand repas ouvrent douze jours de fête.

  4. Fin décembre

    La fête des Fous

    Dans certaines églises, les jeunes clercs élisent un évêque pour rire et le monde est mis à l’envers.

  5. 6 janvier

    L’Épiphanie

    On partage le gâteau : qui trouve la fève devient roi d’un soir.

  6. 2 février

    La Chandeleur

    Un cierge béni à l’église protégera la maison jusqu’à l’hiver suivant.

Le couvre-feu sonne

Le soir, la cloche ordonne de « couvrir le feu » : on recouvre les braises de cendres pour éviter l’incendie et les retrouver encore rouges au matin. C’est de là que vient le mot couvre-feu.

Dormir au chaud

On dort à plusieurs dans le même lit, sur une paillasse de paille ou de feuilles sèches, parfois tout habillé quand le froid mord. Les bêtes, dans l’étable voisine, réchauffent la maison.

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